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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 12:01

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) part en guerre contre les Anonymous. Jeudi, deux membres supposés étaient mis en examen dans le cadre d'une enquête sur "Greenrights" ; une numérique visant notamment les serveurs d'EDF. Nous nous sommes entretenus en exclusivité avec Pierrick Goujon, l'un de ces soi-disant Anonymous que la DCRI a arrêté.

 

Ce vendredi, OWNI a longuement rencontré Pierrick Goujon, 29 ans, connu sur les réseaux sous le pseudo de Triskel. Il est soupçonné par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) d’être un membre des Anonymous – même si ce mouvement militant se caractérise par l’absence totale de hiérarchie, de structures et de cartes de membres. Hier, après 45 heures de garde à vue, plus 15 heures d’attente dans une cellule du Palais de Justice de Paris, Pierrick Goujon a été présenté au juge David Benichou du Tribunal de grande instance de Paris, qui l’a mis en examen. Selon son ordonnance de placement sous contrôle judiciaire, que nous avons consultée (voir le fac-similé ci-dessous), le magistrat lui reproche d’avoir :

courant août 2011 sous la banière des Anonymous participé à la campagne Greenrights, entente formée en vue de conduire des entraves par déni de service contre des producteurs/distributeurs d’électricité."

 

La campagne Greenrights, menée en France, en Allemagne, en Italie et aux États-Unis, consistait à manifester sur les réseaux contre la dépendance de nos sociétés industrielles à l’égard du nucléaire, quelques mois après la catastrophe de Fukushima. Avec Pierrick Goujon, un autre homme également arrêté et interrogé par la DCRI, a été mis en examen pour les mêmes faits.

Mardi 24 janvier, 7h du matin. Pierrick Goujon est réveillé par sa sonnerie de téléphone. Peu habitué à se réveiller si tôt, il raccroche et met son téléphone en mode silencieux. 10 minutes plus tard, le téléphone de son amie sonne. Une voix très autoritaire, limite agressive:

"- Bonjour, police nationale. Nous nous trouvons devant votre domicile, où êtes-vous?

- Euh, chez ma copine, à Pontivy.
- Nous voulons vous parler, venez ici, si vous n’êtes pas là dans 30mn on arrive à Pontivy."

 

Pierrick téléphone alors à la gendarmerie, afin de vérifier s’il ne s’agissait pas d’un canular. Le gendarme de permanence lui répond qu’il n’est au courant de rien : “N’y allez pas, il n’auront qu’à venir. Et vous pourrez dire que je vous ai dit ça“.

Ceinture et bretelles, il n’en téléphone pas moins, malgré l’heure matinale, à son voisin. Cinq minutes plus tard, ce dernier lui confirme que 3 voitures et 10 policiers l’attendent effectivement en bas de chez lui, et qu’ils lui intiment l’ordre de se dépêcher d’arriver.

8h40. Pierrick arrive chez lui. Ceux qui l’attendent sont de la gendarmerie, venus accompagner trois policiers de la DCRI, ce service de renseignement qui se trouve au cœur de plusieurs scandales politiques, décrits dans le livre “L’espion du président”, récemment paru.

Après s’être fait signifié son placement en garde à vue, les policiers de la DCRI entrent chez lui et s’intéressent à ses ordinateurs et disques durs. Pendant ce temps, les gendarmes fouillent un peu partout, “y compris dans les culottes de ma meuf’, à la recherche d’un masque d’Anonymous“.

 

LA PREUVE? UN FLYER

Conduit à la gendarmerie de Loudéac (la plus proche), il est ensuite amené à celle de Saint Brieuc (parce qu’elle reste ouverte la nuit), puis ramené à Loudéac le lendemain matin, avant d’être conduit à la DCRI, à Levallois-Perret, l’après-midi du lendemain.

Au total, Pierrick estime avoir été interrogé une dizaine de fois. Il a refusé d’être assisté par un avocat, s’estimant totalement innocent des faits qui lui sont reprochés. Il est en effet accusé d’”entrave au fonctionnement d’un système de traitement de données“, pour avoir participé à uneattaque par déni de service (ou DDOS, ayant pour but de bloquer l’accès à un serveur en l’inondant de requêtes, un peu comme si des centaines de personnes tentaient d’entrer, en même temps, dans un magasin) contre le site edf.com initiée par les Anonymous.

Pour preuve, la DCRI lui a dit avoir relevé son adresse IP dans les fichiers de logs d’EDF, et que son ordinateur s’y était donc bien connecté sur le site web le jour de l’attaque en question : il reconnaît certes avoir visité le site ce jour-là, comme des dizaines ou milliers d’internautes, mais nie avoir participé à l’attaque par déni de service, étant opposé, par principe, à ce genre de pratique. Des centaines de milliers d’internautes sont ainsi allés, ces derniers jours, visiter elysee.fr ou hadopi.fr, alors qu’ils étaient aussi visés par les Anonymous, y laissant eux aussi leurs adresses IP. Mais jusqu’à plus ample informé, visiter un site, ce n’est pas le pirater.

Pierrick est également accusé d’”entente en vue de l’entrave au fonctionnement d’un système de traitement de données“. La preuve ? Un flyer, posté par on ne sait qui sur le web, qui invitait les Anonymous à s’en prendre à edf.com, et qui mentionnait l’adresse de son site web, irc.lc.

Pour sa défense, Pierrick a demandé à la DCRI pourquoi elle n’arrêtait pas aussi le responsable de Facebook, Twitter où encore de SFR, ou de n’importe quel fournisseur d’accès à l’Internet (FAI), qui permettent eux aussi aux Anonymous de communiquer et d’accéder à leurs salons de discussion :

Si un terroriste utilise une autoroute, on n’attaque pas le prestataire de service de l’autoroute ! Au bout d’un moment ils en avaient marre, ils ne voulaient plus entendre mes comparaisons."

Son site web, irc.lc, permet en effet de se connecter sur des salons de discussion relayée par Internet (ou IRC) depuis le web et sans avoir besoin d’installer de logiciel spécifique.

Mais irc.lc n’est en fait qu’un tout bête raccourcisseur d’URL, qui agrège tous les “webchats” de ce type, sans pour autant ni les héberger, ni en être le moins du monde responsable.

Au bout de 45 heures de garde à vue, il est déféré au palais de Justice de Paris, où il attendra en cellule, 15 heures, qu’un juge le reçoive.

Ce dernier lui conseille fortement de trouver un avocat commis d’office dans le couloir du palais de Justice, ce qu’il fait, et lui propose, soit de se taire, soit de répondre à des questions, soit de parler librement, ce qu’il décide de faire.

A l’issue de son audition, Pierrick est mis en examen pour les deux faits qu’il continue de nier, et placé sous astreintes. Il lui est interdit de quitter le territoire national, de se rendre sur “tous reseaux, espaces ou forums de discussion, dédiés aux Anonymous“, et de “se livrer aux activités professionnelles ou sociales suivantes” :

Fourniture de tous services permettant l’accès au réseau IRC “anonops” "

A 20h, il est relâché, en plein Paris, à 400 km de chez lui. Quelques heures plus tard, il ferme lapage qui permettait d’accéder aux salons d’anonops.li, la “plateforme de communication internationale” des Anonymous, à la demande de la justice française, et après 60h de garde à vue et d’interrogatoires à la DCRI.

Il est toujours possible d’accéder via le web, aux salons d’Anonymous, mais plus depuis chez lui. Un peu comme si on avait interdit à un libraire de vendre un livre ou un magazine, alors même qu’aucun juge ne l’a interdit, et qu’il est tout à fait possible de pouvoir le lire dans n’importe quel autre magasin à côté.

Ironie de l’histoire : au moment même où le site d’EDF était attaqué, irc.lc était coupé. Le gouvernement colombien avait demandé à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI, en charge des questions de cyberdéfense) de fermer irc.lc au motif qu’il avait aussi été utilisé par des Anonymous pour discuter d’une autre attaque.

Pierrick avait alors contacté l’ANSSI pour se défendre et lui expliquer qu’il n’était nullement responsable du fait que des gens passent par chez lui pour se connecter aux serveurs IRC utilisés par les Anonymous. L’ANSSI avait rapidement reconnu, s’excusant auprès de lui, et contactant l’hébergeur dans la foulée pour lui demander de réactiver l’accès à irc.lc.

L’histoire ne raconte pas, en revanche, comment ni pourquoi les fins limiers de la DCRI, service de renseignement connu pour ses techniques d’investigation parfois fort intrusives, sont allés chez lui, à la Folie, alors qu’il n’y était pas.

http://owni.fr/2012/01/27/dcri-contre-anonymous/anon-target-edf.jpgportait_pierrick_claire.jpg

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Published by Copwatcher
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commentaires

PTOLEMAIOS-CRATES 20/03/2013 17:41

Au commentaire numéro cinq. Je ne savais pas que la "sodomie" était au programme pour faire établir la Vérité... Voilà un drôle de résumé! Celui qui l'a écrit ne doit pas avoir un Q.I. plus élevé
que celui d'une moule (encore que ladite moule est utile dans l'Ecosystême...)et encore! L'affaire racontée ici est pourtant bien authentique. IL est dans la nature humaine des faiblesses qui
tendent à se vanter de ce que l'on a fait de mal. Les acteurs de cette infâmie sont bien réels et ils se sont, pour la plupart, vantés de leurs "exploits" sans se douter que leur vantardise
transpirerait au dehors. Tout finit par se savoir tôt ou tard, quoiqu'on en dise. La DCRI est un rejeton de ce qu'a été la Gestapo ou du Kgb ou d'autres "officines de délation.". On y fabrique à
tours de bras de faux dossiers, de faux renseignements et même de faux rapports montés de toutes pièces ou inventés: n'ai-je pas raconté ce qu'il m'est arrivé quand un de ces "fonctionnaires" plus
que douteux, le sieur Brévôt, adepte de la dive-bouteille et des repas copieux avait rédigé sur mon compte? C'est pourtant vrai et ce "fonctionnaire" en question a dû s'expliquer au plus vite sur
les âneries qu'il avait tapées sur une fiche de renseignements sortie tout droit de son imagination déviante. La DCRI est un poison violent aux mains d'incompétents dont l'esprit est possédé de la
volonté de domination d'Autrui. Et je crois que le qualificatif d'incompétent me paraît faible au vu de l'expérience. Je n'ai absolument aucune bienveillance envers les personnes qui travaillent
dans cette "officine" où l'on fiche tout le monde avec des "étiquettes" absolument innommables. J'ai bien connu le neveu d'un patron des RG d'Angers: ce neveu n'était pas fier de son "cher" oncle
qu'il décrivait tel un corrompu à tous les niveaux et un assoiffé de pouvoir. J'ai consigné dans mes archives les récits détaillés de ce neveu au sujet des activités de son oncle. Avec ce que j'ai
entendu (et vérifié, car ledit neveu est digne de bonne foi: tout est vrai) cet ancien chef des RG d'Angers a sévi et conspiré pendant de longues années de toutes les manières contre de nombreuses
personnes à tous les niveaux. IL est pourtant à la retraite aujourd'hui mais ça ne l'empêche pas d'avoir gardé un "passe-droit" permanent qui lui permet d'agir comme s'il était toujours en
fonctions!Prononcez le Nom de "Morineau" au Commissariat Central d'Angers et vous aurez les RG en émoi tout de suite! S'il y en a qui veulent en apprendre plus sur de nombreux coups tordus qu'ils
ont connus suite aux "bons soins" de ce Morineau, je puis leur en donner des pages. Les RG devenus DCRI SONT LA PLUS GRANDE HONTE DE LA FRANCE ENTIERE!

re 18/03/2012 17:11

gros enculés en résumé

Jean-Jean 10/02/2012 14:53

Puisqu'il est question de la DCRI dans cet article et cette affaire, je vous conseille de lire les informations avancées ici : http://dgseetdcridepravation.over-blog.com/
Elles me semblent crédibles et chaque citoyen doit en prendre conscience; le problème se pose plus particulièrement pour ceux sur lesquels la DCRI a prétendu enquêter.
Avant, c'était la "sonorisation" du logement; maintenant, c'est la sonorisation du corps du suspect ?
Science-fiction ou pas ? Bonne lecture.

Jean-Luc LUMEN 30/01/2012 08:23

"y a t il une collecte pour ce Monsieur" si oui je participe.

...Des boeufs, dirigés par super boeuf...cela rappel les Irlandais de Vincennes, les épiciers de Tarnac, bref la milice au service d'un despote qui est aux aboies

Toujours les mêmes méthodes de fascistes

à Fleau, un état policier n'a nullement besoin de preuves.
Il y a l'intime conviction qui est de règle quand il n'y a pas de preuves,

Ce qui m'étonne, est le fait qu'ils n'ont encore pas ajouté le fameux "troubles à l'ordre public" qui permet d'ajouter "ou, à défaut de par la notoriété publique" qui fait office de preuve
(art.L3213-2) depuis napoléon 1

De plus ils ont toujours une carte en réserve : la fabrication de faux en touts genres

Fleau 29/01/2012 16:42

"Pierrick Goujon a été présenté au juge David Benichou du Tribunal de grande instance de Paris, qui l’a mis en examen."
Qui a dit Jewstice???

Par ailleurs c'est en premier lieu au Parquet de prouver qu'il fait bien parti des auteurs de l'attaque (et non à lui de prouver qu'il ne l'a pas fait).
Alors quid d'un hacker qui aurait utilisé (fortuitement ou pas) son adresse IP par "IPspoofing" pour cette attaque?
Quid d'un cheval de troie/backdoor qui aurait été installé sur sa machine, utilisé pour l'attaque et supprimé ensuite?
Quid de son wifi (si il en a un) auquel l'attaquant se serait connecté pour l'attaque?
Quid des LOGS du serveur d'EDF qui auraient été piratés et auxquels on aurait ajouté des adresses IP dont celle de Pierrick ?
Quid de quelqu'un qui se serait introduit chez lui à son insu pour réaliser l'attaque?

Au parquet et au tribunal de prouver que ce genre d'hypothèse n'a pu avoir lieu!